Tics de langage

Expressions et mots à éviter à l'écrit

Les pièges à l’écrit, par rapport à l’oral, résident souvent dans les expressions fautives, que l’on emploie de façon usuelle, et les mots ou verbes fréquemment détournés de leurs fonctions. Pour certains d’entre eux, il s’agit le plus souvent de tics de langage. Ils sont tellement bien ancrés, que les corriger est très difficile, en revanche, à l’écrit rien n’est plus simple, il suffit de les reconnaître.

Méprises ou tics les plus courants :
Du coup : cette locution adverbiale a d’abord été employée au sens propre : Un poing le frappa et il tomba assommé du coup. Selon l’Académie française, on ne  doit pas l’utiliser en lieu et place de : donc, de ce fait, ou par conséquent.

De suite : d'affilée, successivement. Par exemple : elle a mangé plusieurs desserts de suite. Contrairement à tout de suite : aussitôt, sans délai. Nombreux sont ceux qui commettent cette faute en croyant s'exprimer dans un langage châtié.

Dans le but : « On n’est pas dans un but, car si on y était, il serait atteint… », selon Littré. De bons écrivains n’ont cependant pas hésité à employer cette locution. Toutefois, elle est à éviter si l’on veut échapper à toute critique. Préférez : pour le but de ; dans le dessein ; dans l’intention ; à l’effet de ; en vue de ; afin de, etc.

Confronter, c’est comparer, comme en droit pénal où l’on confronte deux personnes en vue de comparer leurs déclarations. Ainsi, il faut éviter le tour passif où « confronter » a le sens de : « être aux prises, devoir faire face ».

Réaliser : rendre effectif, réel, faire exister. Par exemple, on réalise une œuvre, un projet, etc. L’emploi dans le sens de « se rendre compte » est un anglicisme.

Impact : Au sens premier signifie : « choc, collision, heurt ». L'emploi très figuré sinon abusif doit être laissé aux médias. On peut varier pourtant : « effet, portée, retentissement, succès, répercussion, résultat, contrecoup, etc. »

Littéralement : de façon conforme à la lettre, au pied de la lettre. Cet adverbe ne devrait pas accompagner une métaphore. Couramment employé dans ce sens, notamment par les médias, il n’en est pas moins abusif.

L’emploi de « celui » (celle, ceux) devant un adjectif ou un participe doit être suivi d’un pronom relatif ou de la préposition « de » : je préfère celui qui est à côté ; je préfère celui de ma sœur…

Panne d'inspiration ?

Cette rubrique n'a pas pour vocation de vous apprendre à écrire. Elle se veut essentiellement une aide en cas de panne d'inspiration. À l'aide des modules « Ajouter un commentaire », vous pouvez déposer vos idées, ce qui vous préoccupe dans l'élaboration de votre texte. L'entraide entre les internautes est également la bienvenue.

Le syndrome de la page blanche

L'incapacité à aligner trois mots, l'inspiration gelée, l'esprit en déroute, la hantise du plus jamais… Une bonne dose d'antibiotiques pourrait-elle enrayer cette infection ? Est-elle virale ? Microbienne ? Une pathologie effrayante pour celles et ceux dont l'écriture est un peu le refuge. Nous y sommes tous, plus ou moins, confrontés, mais réagissons-nous identiquement face à cette calamité ? Puis un jour, c'est la déferlante, l'illumination. Clavier, stylo ou crayon, échappe à notre contrôle, les phrases surgissent et se bousculent, tel un flux de particules. La guérison se fait soudaine, sans transiter par une période de convalescence, jusqu'à la prochaine contamination, et c'est seulement à cet instant que l'on s'aperçoit que la récidive existe, que la rechute est inéluctable. La médecine est envahie d'une foule de spécialités, quelle est donc celle qui traite cette forme de maladie, ses causes, ses symptômes ? Et s'il suffisait d'avaler la pilule de l'ensoleillement de notre imaginaire !

Quelques idées

Une aide efficace : jouez sur les mots, détournez-les.

Vous manquez d'inspiration ?

Trouvez un sujet avec la méthode des boules de neige. Les lettres s'ajoutent et donnent un point de départ, exemple :

L (une lettre)
Le (deux lettres)
F.B.I. (trois lettres)
Abat (…)
Le F.B.I. abat… Ce peut être le début d'une histoire.

Vous avez écrit un court texte et vous voulez l'augmenter, l'enrichir : arrêtez-vous sur chaque phrase et développez en ajoutant des mots. Pensez aux synonymes, aux analogies, et homophones.